L’Union Marcophile (1927-2014)

georges Chapier[Janvier 1927] L’Union Marcophile et sa revue Les Feuilles Marcophiles sont nées à l’initiative de la section marcophile de la société L’échange Mondial d’Annecy, organisée par un jeune collectionneur de 20 ans, Georges Chapier (photo ci-contre). Il alors organise une section de collectionneurs d’oblitérations indépendants qui compte onze membres à la fin de 1926 et se constitue en association sous le nom d’Union Marcophile. C’est Charles Lebailly (UM n°6) qui créée Les Feuilles Marcophiles, mensuel dont le premier numéro est tiré le 1er janvier 1927 en polycopie à 30 exemplaires. Il restera rédacteur en chef de la revue jusqu’en 1946 !

Gastontournier[Juillet 1927] L’Union Marcophile compte près de cinquante membres, après sa fusion avec la Société des Collectionneurs d’Estampilles et d’Oblitérations Postales de Paris, présidée par un certain Maréchal et ayant pour secrétaire général Gaston Tournier. La présidence est alors confiée à ce dernier (photo ci-contre) et le secrétariat par Georges Chapier. Les « FM » (qui en sont à leur 6e numéro) sont désormais imprimées par les soins d’André Suarnet de Provins et deviennent une revue trimestrielle. Un accord avec la Société des Collectionneurs d’Estampilles et d’Oblitérations Postales de Paris créée en 1925 et dont Gaston Tournier est le Secrétaire général amène l’Union Marcophile à se limiter dans un premier temps à l’étude des oblitérations modernes puis, à s’intéresser dès 1929, aux marques anciennes et aux marques d’armées que son Président a présenté à l’exposition philatélique de Dijon en 1928 (et pour lesquelles il a obtenu une médaille d’argent). C’est la première fois que la Marcophilie prend place officiellement dans une exposition et y est… récompensée.

[1929] L’Union Marcophile compte 133 adhérents et crée une section parisienne. Un insigne est créé pour ses membres.

Herriot_01[1931-1932] Le maire de Lyon et grand marcophile, Édouard Herriot (photo ci-contre), en est nommé Président d’honneur. L’année suivante, l’Union Marcophile, dont le nombre d’adhérents ne cesse d’augmenter, absorbe la Société des Collectionneurs d’Estampilles et d’Oblitérations Postales. Le siège de l’association est transféré à Lyon.

[1934] Gaston Tournier malade, la présidence revient à Georges Lamy et le secrétariat à Clément Heynen. L’association fête son 300e adhérent en 1934.

dip005Lors de l’exposition nationale qui se déroule à Grenoble, Les Feuilles Marcophiles obtiennent une médaille d’argent dans la classe XIV intitulée Journaux philatéliques (photo ci-contre).

[1937-1939] Un deuil frappe l’association avec la disparition de son président fondateur, Gaston Tournier. La Seconde guerre mondiale bouleverse la vie de l’Union Marcophile. Le président, capitaine dans l’armée française, est fait prisonnier en 1940, ce qui n’arrange pas les affaires de l’association. Libéré, Georges Lamy, habite la zone libre près de Lyon en 1941. Les Feuilles Marcophiles sont imprimées clandestinement à Gap et distribuées difficilement, surtout dans la zone Nord.

leonDubus[1944] La Libération voit l’élection de Léon Dubus, de retour de captivité, comme président (photo ci-contre). Le retour du siège de l’association à Paris est acté. L’impression des Feuilles Marcophile (n°68-2e semestre 1944) reprend. La situation n’est guère brillante : problèmes de trésorerie, manque de papier pour la revue qui n’est toujours pas autorisée, absence ou retard de paiement des cotisations et des circulations.

[1945-1946] L’Union Marcophile compte près de 200 membres. L’année suivante, le n°77 des Feuilles Marcophiles est tiré sur papier glacé (24 pages) sous la direction de Clément Heynen, nouveau rédacteur en chef.

[1952] 45 membres de Société Philatélique de Neuilly, qui possède une section « oblitérations » dirigée par Jean Pothion, rejoignent l’Union Marcophile, emmenés par le même Jean Pothion qui devient responsable de la section d’échanges « B ». Ces arrivées relancent l’association et sa revue, reprise en 1950 par Georges Petit. En 1955, paraît le 100e numéro des Feuilles Marcophiles.

[1967-1969] Avec un millier de membres, l’Union Marcophile est la plus grande société spécialisée de France. En 1969, la rédaction des Feuilles Marcophiles est confiée à Pierre Lejeune (photo ci-contre), le secrétariat de l’association est repris par Lucien Bridelance et la section « B » par Jean-Paul Alexandre.

[1973-1974] Une exposition annuelle (non compétitive) d’histoire postale est organisée par l’Union Marcophile : ce sera Marcophilex. En 1974, Pierre Lejeune cède sa place de rédacteur des Feuilles Marcophiles à Jean-François Brun, mais édite la « mini-revue » dont le n°1 paraît en février 1974. L’Union Marcophile présente une « situation financière extrêmement satisfaisante », compte 1350 membres et obtient un franc succès avec Marcophilex II au Musée de La Poste à Paris.

[1975-1978] Le numéro spécial des Feuilles Marcophiles (n°200) pour l’exposition internationale Arphila 75 est édité sous la direction de Pierre Lejeune. L’année suivante, Marcophilex III, consacrée au type Sage, obtient un beau succès, Lucien Bridelance reprend les Feuilles Marcophiles, en tant que rédacteur par intérim. En 1977, Georges Chapier, le fondateur de l’Union Marcophile, disparaît l’année des cinquante ans de l’association ; il avait 70 ans. En 1978, Claude Songeux prend en charge la section d’échanges « C ».

LBridelance[1981-1982] Le 19 octobre, la disparition brutale de Léon Dubus, Président de l’Union Marcophile depuis 1945, marque profondément l’association. Lucien Bridelance (photo ci-contre), secrétaire général, est alors élu Président, alors que Raymond Sené et Jean-Louis Narjoux font leur entrée au bureau. En 1982, Lucien Bridelance confie la rédaction des Feuilles Marcophiles à Raymond Sené. Le siège social de l’association est transféré rue Saint-Lazare dans le 9e arrondissement de Paris – siège de la Fédération des sociétés philatéliques françaises (FSPF) – et le numéro spécial « Philexfrance » est une grande réussite au vu des récompenses qu’il obtient en classe Littérature.

[1983-1984] En 1983, Marcophilex IX a lieu les 14 et 15 mai à Chalons-sur-Saône (Saône-et-Loire). En 1984,  Marcophilex X a lieu à Courbevoie (Hauts-de-Seine) les 12 et 13 mai. La même année, c’est Pierre Lejeune qui disparaît à son tour. Rédacteur adjoint, il était le créateur et le rédacteur de la « mini-revue » depuis 1974. Le N°41 de février 1984 est sa dernière contribution à l’histoire postale.

[1987] Raymond Sené est secondé par un rédacteur adjoint, Hubert Cappart, alors que Marcophilex XIII se déroule brillamment à Strasbourg (Bas-Rhin). Jean Pothion disparaît cette année-là.

[1988] L’Union Marcophile compte près de 1325 membres. Jean-Louis Narjoux devient vice-Président lors de Marcophilex XIV à Mulhouse (Haut-Rhin) avec des exposants suisses et allemands. Les Feuilles Marcophiles passent au format A4, et un numéro spécial sur les Boules de Moulins est édité par Robert Boussac.

[1989-1990] L’année du Bicentenaire et la présence de l’association à Philexfrance 89 monopolisent l’activité des membres du bureau. L’Assemblée générale se tient le 13 juillet. Le numéro spécial, coordonné par Gérard Dumoutier, qui rejoint le bureau à cette occasion, concerne les activités de la Poste pendant la période révolutionnaire. En 1990, le numéro spécial de Philexfrance 89 engrange les récompenses : prix de Littérature de l’Académie de philatélie et médaille de Vermeil au Congrès National. Le Club des Spécialistes de France rejoint l’Union Marcophile avec ses adhérents. L’Union marcophile Gardoise se créée sur l’initiative de Joël Ibert et un groupe d’étude sur la poste rurale voit le jour. Quant à Marcophilex XV organisée à Douvaine (Haute-Savoie) par Gérard Geydet, « c’est un grand cru » selon les propos du président à l’inauguration.

[1991-1992] Marcophilex se déroule à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) sous la direction de Jean Raux et Hubert Cappart avec, pour la première fois, un catalogue sous la forme d’un numéro spécial des Feuilles Marcophiles présentant les collections exposées. 3.000 visiteurs marquent le succès de l’exposition. En 1992, une épinglette est réalisée pour les adhérents de l’Union Marcophile ; Marcophilex XVII se déroule cette année-là à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).

[1993] Les Feuilles Marcophiles éditent un numéro spécial sur les postes à Paris de 1876 à nos jours, réalisé par Jean-Claude Delwaulle et un numéro sur les tarifs de la poste aux lettres (1759-1792) par Roger Wallart. Marcophilex est organisée à Sèvres (Hauts-de-Seine) les 2 et 3 octobre. Jean Sénéchal, Claude Songeux et Hubert Cappart en Comité.

[1994] Le Groupement des sociétés philatéliques spécialisées (GAPS) est créé par la Fédération française des associations philatéliques (FFAP). L’Union Marcophile, qui a contribué à sa création, y adhère. L’exposition Marcophilex XIX se déroule à Bergerac (Dordogne) « dans une très bonne ambiance ». A noter la sortie d’un numéro spécial des Feuilles Marcophiles sur la recette principale de la Seine en 1895.

[1995] Marcophilex XX s’organise à Uzès (Gard) les 7 et 8 octobre. L’Uunion Marcophile participe également à une exposition d’histoire postale à Pont-Royal. Lors de la 70e Assemblée générale de l’association, Jean Sénéchal, après 25 années à la tête des sections d’échanges A et B, prend sa retraite, cédant sa place à Pierre Reynaud qui entre au bureau. À cette occasion, une médaille de l’Union Marcophile est éditée dont un exemplaire est remis à Jean Sénéchal. Jean-Louis Narjoux est élu Président du GAPS pour la première année de vie de ce groupement et Claude Chézaud en devient le Trésorier. Un numéro spécial sur la petite Poste de Paris est édité sous la direction de Jean-Claude Delwaulle.

[1996-1997] L’Union Marcophile est désormais présente dans de nombreuses manifestations, se faisant connaître par sa revue et par les Marcophilex, dont l’édition XXI a lieu en octobre, à Mulhouse (Haut-Rhin) avec des participations nationales et internationales de qualité. Laurent Albaret entre au bureau afin de développer la communication. L’année suivante,  l’Union Marcophile compte près de 1350 membres. De nombreux projets sont prévus, dans le cadre de l’association et en relations avec Philexfrance 1999. Le site Internet, initialement développé par Laurent Albaret et William Lafarge, est présenté dans le cadre de Marcophilex XXII à Melun (Seine-et-Marne).

[1998-1999] Marcophilex XXIII se déroule à Rouen (Seine-Maritime). Pour cette manifestation, Le Musée de la Poste de Paris prête une boule de Moulins. On note une participation importante des membres de Royaume-Uni et des États-Unis. A la fin de l’année, parait le numéro spécial sur les Bureaux taxateurs de France ». L’année 1999 voit d’abord la parution d’un numéro spécial sur La Poste à Luxeuil 1851-1918. Comme c’est l’année de Philexfrance, il n’y aura pas d’exposition Marcophilex à proprement parler, mais l’Union Marcophile participe activement à Histophil 2 à Besançon (Doubs), organisée par Laurent Bonnefoy. La fin de l’année voit la parution du numéro spécial sur Les tarifs postaux en Lorraine au XVIIIe siècle par Robert Abensur.

[2000] Le premier trimestre marque le numéro 300 des Feuilles Marcophiles, numéro exceptionnel en couleur et à la pagination doublée. Marcophilex XXIV est à Bonningues-lès-Calais (Pas-de-Calais). En 2001, Marcophilex XXV s’installe à la Baule (Loire-Atlantique). L’exposition est de la qualité d’un grand cru avec en particulier une présentation des documents du Musée de la Poste à Paris sur les mandats de la période de l’Union Française. Le banquet est exceptionnel.

[2002] Marcophilex XXVI est à Orsay (Essonne). L’exposition est de la qualité d’un grand cru avec en prime une présentation de documents exceptionnels du Musée de la Poste à Paris sur les entiers pneumatiques de Paris et de Marseille, en particulier les non-émis. Des collections sur le thème de la Poste pneumatique en France et dans le Monde sont également montrées autour de documents iconographiques rares du Musée de la Poste et de la Collection Historique des Télécommunications. Cette dernière présente aussi du matériel de transmission pneumatique.

[2003-2004] Marcophilex XXVII est à Seyssins (Isère). L’exposition est fort intéressante avec de nombreuses présentations de qualité. L’année suivante, avant Marcophilex, L’Union Marcophile patronne à Saint-Cannat les deuxièmes journées d’Histoire Postale (8 et 9 mai). Elle y participe par des présentations et des conférences. Marcophilex a lieu à Thionville (Moselle) avec des participations toujours aussi intéressantes. La fin de l’année a été endeuillée par le décès de Jean-Claude Delwaulle (19 novembre) et celui de Jean Sénéchal (8 décembre).

marco2005[2005-2006] Marcophilex a lieu à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) avec des participations toujours aussi intéressantes et une inauguration en grande pompe (photo ci-contre). La Société des Amis du Musée de La Poste (SAMP) propose des trésors méconnus du Musée autour des services ambulants. L’année suivante, Marcophilex est de retour en région parisienne et a lieu à Villebon-sur-Yvette (Essonne). C’est un très bon cru avec des participations toujours originales, le télégraphe Chappe est présentée par la Société des Amis du Musée de La Poste.

[2007] Marcophilex a lieu au Kursaal de Dunkerque (Nord), événement de qualité grâce au travail de préparation remarquable de l’Association Dunkerquoise de Jacques Foort. La Société des Amis du Musée de la Poste présente à cette occasion une collection sur les services financiers postaux durant la Seconde guerre mondiale. L’Union Marcophile est endeuillée par deux décès de membres éminents, Hubert Cappart (6 octobre) et Gabriel Gourin (8 octobre).

marco2008[2008] Le premier semestre est marqué par la disparition de Jean-Paul Alexandre (6 mai). Marcophilex XXXII se déroule à Souillac (Lot), organisée par Jean-Pierre Magne, avec un banquet de haute tenue (photo ci-contre). La Société des Amis du Musée de La Poste propose une présentation inédite sur l’histoire de la Caisse nationale d’épargne. À cette occasion, Lucien Bridelance démissionne de ses fonctions et est acclamé président honoraire. Jean-Louis Narjoux lui succède, Laurent Albaret devenant vice-président et secrétaire général. Claude Chézaud conserve les fonctions de trésorier, André Mazué devient son adjoint.

[2009] Cette année est marquée par le changement de siège social de l’Union Marcophile, qui s’installe à l’Adresse Musée de La Poste, la FFAP ne souhaitant plus sa présence dans ses murs. Les relations avec la Fédération sont difficiles et manquent de communication jusqu’à Marcophilex XXXIII, organisée à Cusset (Allier). La décision de quitter la FFAP est envisagée en Assemblée générale.

[2010] L’Union Marcophile quitte la FFAP à la suite d’une décision de son Comité, accepté par ses membres de l’association à plus des deux tiers à la suite d’une consultation par courrier. Marcophilex XXXIV est organisée cette année-là à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), le Comité sera reconduit dans ses fonctions lors de l’Assemblée générale.

LAlbaret[2011] Marcophilex XXXV est un événement, puisque l’Union Marcophile retourne dans ses terres de naissance, Annecy (Savoie). Une exposition brillamment organisée, une assemblée générale vivante qui voit Jean-Louis Narjoux céder ses fonctions présidentielles à Laurent Albaret (photo ci-contre). Le Comité est alors complété par de nouveaux membres. Rodolphe Pleinfossé devient rédacteur en chef des Feuilles Marcophiles et succède à Raymond Sené qui assurait leur publication depuis 29 ans ! Le nombre officiel des adhérents de l’Union Marcophile est légèrement inférieur au millier. Des projets sont engagés, comme les sections régionales de l’Union Marcophile. Une réflexion sur la présence de l’association sur le web est aussi d’actualité.

LISA2012[2012] Marcophilex XXXVI s’organise cette année à Épernay (Marne). Un événement qui est marqué par l’émission du vignette d’affranchissement LISA spécifique à Marcophilex, une première dans l’histoire de l’association (photo ci-contre). Le cru marnais est de grande qualité, sous la direction de Bruno Melin. Le président Laurent Albaret ne peut que se féliciter de l’enthousiasme des membres pour les sections régionales et du développement des ateliers au sein de l’Union Marcophile.

IMG_2812FB[2013] Les Feuilles Marcophiles ont atteint une belle renommée, par leur périodicité et leur contenu. Marcophilex XXXVII se tient à Ouistreham (Calvados), organisé par Rodolphe Pleinfossé. Médiatisé et tourné vers les célébrations du Débarquement qui auront lieu l’année suivante, l’événement marque les esprits par la présence de nombreux ateliers pour la jeunesse (photo ci-contre). Cette année-là, Laurent Albaret engage les membres de l’Union Marcophile dans une réflexion de recrutement, encourageant le développement des sections régionales. Désormais, les réunions du Comité deviennent régulières, organisées dans les locaux de l’Adresse Musée de La Poste.

[2014] Un retour à Uzès (Gard) pour Marcophilex XXXVIII marque l’année. Pour la seconde fois, l’Union Marcophile revient en terres gardoises, rendant hommage à la section Gardoise de l’Union Marcophile, à Joël Ibert et Charles Rioust. L’Assemblée générale prend note de la bonne santé de l’association, mais les membres et le Comité sont conscients de la baisse des effectifs. Réélu président pour la 4e année consécutive, Laurent Albaret annonce la tenue de Marcophilex XXXIX à Auvers-sur-Oise (Val d’Oise) pour les 17 et 18 octobre 2015 et le lancement d’un nouveau site internet pour le premier trimestre 2015.