Pièces du mois

Vous êtes membre de l’Union Marcophile et vous avez dans vos albums une pièce rare, originale ou curieuse : vous pouvez en faire profiter vos collègues marcophiles en publiant pour la pièce du mois.
Limitées à une ou deux photos et quelques lignes, vous pouvez envoyer vos contributions à Jean-Marc Driguet, Coordinateur AHPMR.

 

Les pièces du mois
Cartes postales des 6 janvier et 11 ?? 1891 adressées par Mr DEMESTE, domicilié au lieu-dit “Balesté” à MONTESQUIEU (Lot-et-Garonne) à Mr BRUNES, domicilié sur la même commune, au lieu-dit “Toupiès”. Depuis 1887, MONTESQUIEU est l’unique boîte rurale du bureau de recette de BRUCH. Deux autres boîtes rurales supplémentaires sont implantées aux lieux-dits “Saint Martin” à BRUCH et “Saint Léger” à MONTESQUIEU. La première carte a été relevée dans la boîte rurale de MONTESQUIEU le 06 janvier 1891. Le lieu-dit “Toupiès” ne faisant pas partie de la tournée (fin de la tournée ou circuit alterné??), le facteur rural y appose la marque Ⓐ de la lettre-timbre et ramène la correspondance au bureau de BRUCH qui appose son timbre à date au type 84. La distribution aura lieu lors de la tournée suivante. En revanche, lorsque le facteur rural relève la seconde carte, datée du 11 ?? 1891, le lieu-dit “Toupiès” fait partie de sa tournée. Il oblitère le timbre à l’aide de la lettre-timbre Ⓐ et procède à la distribution. ——-  Axe principal entre Bruch / Montesquieu et le lieu-dit Taupiès ——  Distance séparant le domicile de l’expéditeur de la BR A ——  Limite des communes de Bruch et Montesquieu [...]
La lettre ci-dessous, émane du Directeur des Postes de Schélestat du 15 mai 1830. Elle est adressée au Maire de la commune de Diffenbach en Alsace, non pourvue de boîte aux lettres à cette même date. Elle est très intéressante à double titre. D’une part, elle annonce au Maire, suite à une décision récente du service des Postes, l’implantation d’une boîte aux lettres dans sa commune. La lettre précise les dispositions pratiques pour le scellement et les modalités pour le règlement des menus frais éventuels engendrés par son installation. D’autre part, le Directeur explique les modalités d’application du décime rural, nouvellement créé par l’importante réforme sur service rural du 1er avril 1830, et la conduite attendue du facteur rural qui a en charge la desserte de sa commune (régularité des passages, absence de griefs des usagers, interdiction de versement de rétribution quelconque à son profit). Le Directeur des Postes communique l’empreinte du timbre décime rural.  Schelestat le 15 mai 1830 Monsieur le Maire, J’aurai l’honneur de vous adresser sous peu la boite aux lettres destinée à votre commune. Je vous prie de veiller à ce qu’elle soit placée dans un endroit central et comme pour tous, soit à la maison d’un débitant de tabac, ou à celle d’un autre commerçant sédentaire; bien entendu que ces particuliers feront sceller la boite à leurs frais. Si personne ne voulait se charger de cela, et que a boîte étant scellée à un édifice public, il dut en résulter quelques frais, je vous prie, dans ce cas seulement, de m’adresser l’état des menus frais qu’aura occasionné cette opération pour que je l’envoie à Mr le Directeur Général qui vous en rendra compte. Veuillez aussi faire connaître à vos administrés que toutes les lettres sans exception doivent être remises à domicile sans autres frais que a taxe marquée sur a lettre plus un décime pour frais de transport – les lettres doivent être affranchies ne paieront rien du tout parce que le décime supplémentaire est maintenant soldé à l’avance en sus de l’affranchissement ordinaire par la personne même qui affranchit une lettre à un bureau de poste. Si un facteur rural se permettait d’exiger une rétribution quelconque, veuillez m’en faire prévenir et vous assurer aussi si le facteur passe régulièrement de deux jour l’un dans votre commune, soit pour y distribuer des lettres, soit pour retirer celles qui auront été mises dans la boite, et enfin s’il fait personnellement son Service et si aucune plainte ne s’élève contre lui J’ai l’honneur, Monsieur le Maire, d’être avec une considération très distinguée. Le Directeur des PostesSignature Empreinte du timbre du décime en sus de la taxe [...]
Voici l’histoire d’une lettre partie de Bora-Bora dans les Iles sous le vent en Polynésie Française (Fig 1) oblitérée depuis l’unique bureau de poste de l’île : Vaitape (Fig 2). Figure 1 : Le recto de la lettre Figure 2 : Timbre à date de départ Vaitape Bora-Bora (24.07.2001) Figure 3 : Passage à l’Atoll Johnston (14.09.2021) On ne sait pas à qui ni où elle fut adressée car l’adresse de destination était mentionnée sur un courrier aujourd’hui disparu, mais le timbre à date suivant (14 septembre 2001) (Fig. 3) correspond à l’APO 96558 (Army Poste Office : bureau de poste de l’armée) situé sur l’atoll Johnston, bout de terre désertique de 2,67 km2, en plein Océan Pacifique Nord à 1300 km d’Honolulu, où l’armée américaine a abrité un centre d’essais nucléaires et un site de stockage d’armes chimiques à ce jour détruites. Elle abandonna ce site en 2003 après en avoir démonté les infrastructures. A l’heure actuelle aucun habitant n’est présent sur l’île. Le destinataire n’ayant pu été joint, ce courrier fut expédié à Tuvalu, minuscule royaume océanien de 26 km2 réparti en 9 atolls dont celui de Nui où la lettre arrive, semble-t-il en novembre 2001 (Photo 4). D’une superficie de 2,83 km2 et peuplé de 548 habitants, il a tout de la carte postale idyllique : plages de sable blanc , cocotiers, soleil, coquillages, plongée sous-marine) mais en y regardant de plus près, le manque d’eau douce et le réchauffement climatique tempèrent cette première impression. Revenons à notre lettre. Les timbres (au nombre de 7) ont été apposés au dos de l’enveloppe par manque de place sur le recto, faiblement oblitérés et le millésime curieusement retouché au stylo en 01 (Photo 5). Photo 4 : Le verso de l’enveloppe Photo 5 : Le timbre à date de Nui Tuvalu rectifié Le 2 de 02 surchargé au stylo en 1 de 01 (Agrandissement de l’affranchissement) Le destinataire étant parti certainement pour l’île Niue (prononcer Ni-ou-é), la lettre y est expédiée. Elle arrive en janvier 2002 dans cette île-pays de 263 km2 et 1653 habitants dont le sommet culmine à 68m la préservant pour quelques temps de la montée des eaux mais pas des cyclones dévastateurs. Le tourisme a du mal à s’y développer et une partie des capitaux étrangers arrivant sur l’île provient de la vente de timbres de collection. On y trouve cependant quelques belles plages. Mais notre destinataire n’est toujours pas là pour récupérer son courrier et en désespoir de cause il est renvoyé à l’expéditeur depuis le bureau d’Alofi la capitale (Photos 6 & 7) au terme d’un beau et long voyage. Malheureusement aucune preuve postale n’atteste qu’il est bien revenu à Bora-Bora. Photo 6 : Timbre à date d’Alofi (Ile Niue) 16.01.2002 Photo 7: Mention du retour à l’envoyeur Grâce à la carte suivante, vous devriez pouvoir vous rendre compte du chemin parcouru par la lettre (soit près de 15000 km) en environ 6 mois sans être sûr que son destinataire l’ait un jour reçue. [...]
Il y a 85 ans, le 12 novembre 1937, l’aérogare de Paris-Le Bourget, conçu par l’architecte Georges Labro, était inauguré par le président de la République Albert Lebrun et le ministre de l’Air Pierre Cot. Ce « port aérien » – une expression de l’époque – bénéficie alors d’un cachet commémoratif que l’on retrouve sur de nombreux plis, enveloppes de complaisance ou philatéliques, plis de service et cartes postales expédiées à cette date. La presse relate par ailleurs cet événement où se pressent les plus hautes autorités de l’État. La carte postale jointe est pour le moins improbable.  Émise par Air France, elle est au tarif de 55 c., celui de la carte postale ordinaire (tarif du 12 juillet 1937), expédiée du Bourget pour Paris, revêtue du timbre à date du Bourget-Port Aérien du 12 novembre 1937, date de l’inauguration de l’aérogare. Le texte est – à première vue – des plus classiques : « Mon cher Georges, j’espère que tu feras un papier étincelant sur l’inauguration de l’aérogare. Bien à toi. G.F. ». La carte est adressée à Georges Février, au 10 Faubourg Montmartre à Paris, à « L’Auto ».  « L’auto » est un quotidien sportif bien connu à l’époque. Fondé en 1900 sous le nom de « L’Auto-Vélo », il devient « L’Auto » en 1903 et se revendique comme le premier journal sportif apolitique . Il s’impose dans la presse sportive avec la création du premier Tour de France cycliste. En 1937, il tire à plus de 500.000 exemplaires. Le destinataire de la carte postale, Georges Février, est un des journalistes de « L’Auto ». Quant à l’expéditeur, un certain « G.F. » … il s’agit du même homme ! S’écrire à soi-même en se souhaitant un papier « étincelant », un peu d’humour ou d’ego mal placé ?  Quoi qu’il en soit, au lendemain de l’inauguration, le « papier étincelant » est publié en « une » par « G.F. » ou Georges Février dans « L’Auto » n°13.478 du samedi 13 novembre 1937. Un papier qui revient dans les détails sur l’inauguration de l’aérogare de Paris-Le Bourget, sur les personnalités présentes et sur l’importance d’un tel lieu pour le développement de l’aviation civile française. Un papier pour le moins… étincelant !    [...]
Pour procéder à la transformation des bureaux de distribution gérés par des distributeurs sédentaires en recettes simples de 4eme classe, l’administration précisait dans son article 7 de l’instruction n°110 du Bulletin Mensuel n°57 de Décembre 1873 : « Les titulaires des bureaux de distribution convertis en recettes devront, à partir du 1er janvier 1874, faire enlever à la lime et avec soin le cercle pointillé qui entoure leur timbre à date. »  Un exemple avec le bureau de Sussey et son type 24 du mois d’août 1873 (mois d’ouverture du bureau) ; 914 habitants en 1872, 241 au recensement de 2019 : La transformation en type 17 après limage du cercle pointillé : Il est à noter que s’agissant ici du 1er jour du timbre à date « limé », cette lettre est tout à fait exceptionnelle !   [...]
Lettre de Vézelay timbre à date type 16 du 7 février 1872, boîte rurale L/2 non identifiée, losange gros chiffre 4174 du bureau, taxe double trait 40 rayée et mention manuscrite timbre au verso. Au verso, timbre à date Besançon à Paris brigade A du 8 février (nuit), timbre-poste n°60 oblitéré par le Paris à Bordeaux brigade D du 8 février 1872 (jour) répété à côté.   [...]
Cette enveloppe qui contenait les billets d’entrée à l’Exposition internationale de Monaco ainsi qu’un courrier d’accompagnement est affranchie à 4F20 + 1F50 de recommandation. Elle est au 4e échelon de poids (tarif du 1/08/26 au 17/7/32 pour l’étranger).     Il est à noter que le 5 Francs ne se rencontre pas souvent. Les oblitérations spécifiques à l’exposition sont du 18 au 26 février 1928.     C’est la seule oblitération rencontrée ou…..recensé à ce jour. J’ai bien essayé d’en savoir plus mais en vain ! Si l’un de nos collègues a des informations complémentaires, il est remercié d’avance. Courrier et billets d’entrée à l’exposition : [...]
La circulaire sans numéro de mars 1830, dernier alinéa donne instruction aux facteurs de mettre l’empreinte des lettres-timbre des boites rurale sur leur part. Le règlement du 19 novembre 1835 indique dans son article 97 « L’empreinte du timbre des boîtes rurales devra être correcte et uniformément placée à l’angle droit supérieur des lettres… Pour mise à exécution le 1er janvier 1836. Cette lettre de Caramany datée du 17 juillet 1834 a été frappée de la lettre-timbre E soit sept mois avant la mise en place du règlement. Le facteur rural a choisi le côté gauche pour y placer l’empreinte. La circulaire sans n° du 7 décembre 1911 (B.M.P. 19 supplémentaire) indique dans la première partie, chapitre IV, paragraphe 7 la suppression des lettres-timbre sur les correspondances postées dans les boîtes rurales. Retrait à compter du 1er janvier 1912. En 1916, la commune de Néfiach est la dernière commune de l’arrondissement rural du Bureau de Recette de Millas dont la boîte aux lettres rurale est levée par un facteur de ce bureau. Un bureau de facteur-receveur sera ouvert à Néfiach le 1er février 1922. Sept ans et sept mois après la suppression de la lettre-timbre sur les correspondances des boîtes rurales, le facteur rural de Millas en levant la boîte aux lettres rurale de Néfiach, le 31 juillet 1918 a apposé l’empreinte de la lettre- timbre A sur cette carte postale. Ce timbre aurait dû n’être apposé que sur son part. [...]
Lettre fort sympathique avec ce mixte Francs CFA et Francs Français dont Luc Guillard nous explique la taxe. Le tarif est celui du 16/09/1974 pour une lettre d’un poids inférieur ou égal à 20 grammes par avion de la Réunion pour la France affranchie à 40 Francs CFA. La taxe de cette lettre s’explique comme suit : Lettre de 25g = 70 F CFA au lieu de 40 F CFA                          manque 30 F CFA Surtaxe aérienne 15 F CFA/5g = 75 F CFA                                manque 75 F CFA Total manquant                                                                                             105 F CFA Taxe au double de l’insuffisance = 105 X 2                                            210 F CFA Taxe convertie en Francs Français = 210 X 0,02.                                    4, 20 FF La taxe est matérialisée par une machine de guichet type SATAS SP sans doute par pénurie de timbre-taxe. [...]
Un ensemble remarquable de particularités. La lettre que nous présentons ici a été traitée par la poste militaire dans la période postérieure à la Première Guerre mondiale. Envoyée par un officier du 3e régiment de Dragons, elle porte le cachet ovale du vaguemestre du régiment et le timbre à date du secteur postal 219 à la date du 28/11/1925. Ce dernier porte la mention « Postes aux Armées » utilisé depuis la séparation des services de la trésorerie et des postes en 1924. Cet envoi en poste aérienne utilise une enveloppe spéciale imprimée en rouge avec la mention PAR AVION en caractères géants au recto et au verso ainsi qu’une étiquette « Par Avion » de format habituel. La lettre bénéficie de la franchise militaire et seul le supplément de poste aérienne a été acquitté, conformément à la réglementation, sous la forme d’une paire de timbres à 25 centimes bleus au type Semeuse. Le destinataire est un officier du 6e régiment de Spahis à l’adresse du secteur postal 416, au Maroc. La lettre porte au verso un cachet du bureau postal militaire de Taza en date du 4/11/1925. Beaucoup plus surprenante est la présence, également au verso, d’un second timbre à date du secteur postal 600 localisé à Beyrouth et desservant l’Armée du Levant. Il est daté de décembre, le quantième étant difficilement lisible. Le trajet de cette lettre Elle part du secteur postal desservant les troupes de garnison de la Sarre. La Sarre étant placée sous contrôle international dans le cadre de la SDN, les troupes françaises participant à l’occupation ne sont pas rattachées à l’Armée du Rhin. Le 3e régiment de Dragons, en garnison à Sarrelouis, est dans ce cas. Elle emprunte la voie aérienne entre Toulouse et Casablanca, par le vol commercial régulier des Lignes Aériennes Latécoère. Le supplément de 50 centimes est en accord avec ce trajet. Elle rejoint certainement Toulouse par la voie de terre via Paris. Le trajet total dure environ 6 jours. L’absence totale de marques postales civiles montre qu’elle a voyagé dans une dépêche close entre Sarrebruck et Taza. Elle est transférée à Beyrouth suite au déplacement de l’unité de destination vers une nouvelle affectation. En absence de cachet civil correspondant à ce second trajet, nous pouvons conclure à nouveau que le bureau de Taza a formé une seconde dépêche close à destination du bureau desservant la nouvelle affectation. La cause de ce périple inattendu Le destinataire, Édouard Ballot, est un officier de cavalerie sorti du rang, né en 1875 . En 1923, il est capitaine au 3e régiment de Dragons dont nous avons parlé ci-dessus. En 1924, il est promu commandant et après une première affectation en Algérie, il rejoint le 6e régiment de Spahis qu’il suit dans ses pérégrinations : Rhénanie puis Maroc en août 1925, où il participe à la guerre du Rif dans une zone proche de Taza. Il est finalement transféré en Syrie en novembre 1925. Le régiment débarque à Beyrouth les 19 et 20 novembre 1925. C’est le moment où la lettre étudiée ici poursuit le Commandant Ballot dans ses déplacements. Dans le dossier de carrière d’Édouard Ballot, nous rencontrons aussi une trace de l’expéditeur de la lettre. En février 1924, peu avant la promotion d’Édouard Ballot, son chef de corps demande à sa hiérarchie qu’il soit maintenu au régiment et remplace dans les fonctions de Major Gustave de Selves qui attend son départ à la retraite. Ce dernier, né en 1874, est également sorti du rang. Il fait la compagne des Dardanelles où il contracte un paludisme grave. Il passe une partie de la guerre à l’hôpital. En 1918, il est émissaire au service des courriers extérieurs de l’état-major. En 1923, il est major au 3ème régiment de Dragons, où Ballot est capitaine. Devant être affecté au Maroc, il préfère demander sa retraite anticipée pour cause de santé. C’est alors que Ballot est soutenu par son chef de corps pour le remplacer comme major du régiment. Mais De Selves annule finalement sa démission. Au moment de la lettre, il est toujours major de son régiment. L’expéditeur et le destinataire de la lettre sont donc identifiés comme des camarades officiers de cavalerie ayant servi ensemble au 3e régiment de Dragons en 1923-1924. La dernière observation qui n’est pas la moins remarquable est que les deux timbres à date de Taza et de Beyrouth ont été apposés à l’aide d’une machine Daguin, les marques entourées de rouge sur le zoom ci-dessous en témoignent. Les cachets Daguin de la poste aux Armées sont peu courants ; la combinaison de deux cachets de bureaux différents sur le même pli est certainement fort rare.   Sarrebruck est à cette période le bureau frontière des troupes françaises sur le territoire allemand. C’est là que les dépêches sont confiées par la Postes aux Armées à la poste civile. Le bureau frontière n’appose habituellement son timbre spécial, Postes aux Armées D, que sur les courriers recommandés. Service historique de la Défense, série GR 6 YE. [...]
Déclaration de versement (on dirait maintenant un mandat) de 4 Frs avec timbre à date type 14 de Besançon du 7 février 1843 et marque linéaire rouge encadrée BESANÇON pour définir le lieu de départ ! Cette marque Lenain est rare et on la trouvait en noir entre 1785 et 1791. Droit de dépôt de 5% (Soit 20c.) suite au décret du 1er avril 1817 pour les articles d’argent. Port de la lettre 2 Frs : tarif du 1er janvier 1828 (Loi du 15 mars 1827) pour une lettre entre 15 et 20 gr sur une distance en ligne droite de 400 à 500 km. [...]
La réutilisation frauduleuse de timbre ayant déjà servi a été une préoccupation majeure de l’Administration des Postes dès le début de la mise en service des timbres-poste. En cas de fraude sur l’affranchissement, la lettre était saisie avec constitution de dossier, taxée et un avertissement était adressé au destinataire. La procédure et les formulaires ont varié au cours du temps. Le courrier territorial étant plus abondant que le courrier local, les fraudes constatées sur ce type de courrier sont peu fréquentes et la matérialisation de la taxe locale à appliquer au moyen d’une taxe au tampon est rare. C’est l’objet de cette présentation : la lettre frauduleuse et la lettre d’avertissement. La lettre frauduleuse est frappée au recto (fig. 1) du timbre à date type 14 de Mussidan en Dordogne (23), du 9 Février 1855. Elle est à destination du Maire de Mussidan, à Mussidan. Un 20 c. empire non dentelé bleu en mauvais état est censé l’affranchir ; il porte un losange de points avec Petit Chiffre 2900, qui n’est pas celui de Mussidan (2590) mais celui de Sigoulès dans le même département. fig. 1 La fraude est manifeste et grossière, l’expéditeur n’a même pas pris la peine d’affiner sa tentative avec un 10 c. bistre ; il faut dire que la lettre porte la mention manuscrite verticale à gauche : « trais praiser », et il n’a peut-être pas eu le temps d’acheter le timbre adéquat… Avant que la fraude ne soit détectée, le petit timbre CL encadré rouge (Correspondance Locale) a été frappé sur la lettre, pour être ensuite annulé à la plume. La mention « taxée pour timbre ayant déjà servi » est inscrite au verso (Fig. 2) à l’encre rose et une taxe 1 au tampon est frappée au recto, car la lettre est considérée comme non affranchie et taxée selon le tarif du 01/04/1830, Fig. 2 1 décime/7,5 g. Cette marque est de grande taille, au graphisme complet pour figurer 1 avec ses deux barres. C’est la 2e que je vois dans le département de la Dordogne, l’autre étant figurée par une simple barre. Des trous d’épingle sur la lettre et des traces de rouille témoignent de l’attache à un dossier. La lettre d’avertissement du même jour est adressée au Maire, ce qui a dû paraître surprenant dans une petite ville. Elle est frappée du même timbre à date type 14 et elle n’est pas affranchie. L’extérieur (fig. 3) porte la mention des deux circulaires de 1849 dont ce pli non cacheté témoigne de l’exécution. L’intérieur (fig. 4) indique, entre autres, le n° de formulaire 1199, la mention « 1er » avertissement, la procédure à suivre, et il est frappé du « TIMBRE DU BUREAU » de la même date. Fig. 3 Fig. 4 La conjonction de cette taxe 1 au tampon pour taxer cette correspondance locale en raison de la réutilisation frauduleuse d’un timbre-poste de 20 c., de la présence d’un timbre CL annulé et d’un timbre à date type 14, m’a paru intéressante pour la proposer comme lettre du mois. [...]
Cette grande enveloppe du bureau de distribution de Pleurs dans la Marne est adressée à Sézanne bureau de direction dont il dépend. On y trouve à côté du timbre de Port Payé (P.P) une mention de poids (80g) venant confirmer le caractère exceptionnel d’un tel envoi pour une lettre locale. Pour rappel, les lettres en port payé représentant environ 10% des documents postaux en 1846 et les lettres locales n’étant qu’une partie infime de ce volume, je vous laisse apprécier ce type de pièce. D’ailleurs, ne devant sans doute pas en rencontrer si souvent, le préposé au traitement de cet envoi à fait une erreur en apposant 6 décimes à la plume (verso de l’enveloppe) au lieu des 5 décimes nécessaires. [...]
Qui a énervé ce préposé des Postes ? : pas moins de 17 timbres à date sur cette enveloppe ! MORLAIX ENTREPÔT (FINISTÈRE) 16-1-44 et 18-1-44 [...]
Dans un lot de documents vendéens achetés chez un négociant parisien très connu, et après plusieurs mois de manipulation, j’ai trouvé cette petite lettre qui ne présente pas de curiosité particulière : La marque de franchise « Vendée militaire » est bien connue, quant au destinataire il habite à « Lille Marat ». Il s’agit de la commune de Bouin qui avait été baptisée « Ile Marat » en l’honneur d’un certain Jean-Paul Marat assassiné le 13 juillet 1793. Le plus intéressant commence à l’ouverture du pli, qui se traduit par : « aux Sables le 1er jour des sanculotides 2ème année de la république ». De lointains souvenirs nous rappellent que la Convention Nationale, pour chasser les souvenirs de l’Ancien Régime, décide le 6 octobre 1793 (15 vendémiaire an II) la création d’un calendrier républicain dont la date de début est fixée au jour de la proclamation de la Première République, soit le 22 septembre 1792. Les principaux changements sont les suivants : la semaine de 7 jours est remplacée par la décade de 10 jours. Chaque mois comprend 3 décades et l’année se termine par 5 jours complémentaires appelés les sanculotides et les années sextiles un 6e jour dit « de la révolution » est ajouté. En ce qui concerne le nom des mois, le poète Fabre d’Églantine (celui de « Il pleut bergère ») s’est inspiré du rythme des saisons. Enfin, Napoléon Ier abolit ce calendrier par décret impérial du 9 septembre 1805. Mais, revenons à notre petite lettre de rien du tout. Les jours complémentaires s’établissent ainsi : L’an I de la République n’ayant pas pu exister, le 1er jour complémentaire de l’an II devient donc le 17 septembre 1794 (soit 5 jours avant le 22 septembre) et par conséquent la première fois que les sanculotides sont utilisées. Ce qui change tout quant à la rareté du document. [...]
Cette lettre, partie de Caen (timbre à date type 17 du 16 novembre 1872) est affranchie avec un 25c bleu Cérès IIIe République oblitéré par le losange Gros Chiffre 691 (tarif du 1er Septembre 1871 pour une lettre affranchie jusqu’à 10g circulant de bureau à bureau). La Maison Mère de la famille Dubied se trouvant en Suisse (à Couvet dans le Val de travers), elle est adressée dans un premier temps à Pontarlier (Doubs) avant d’être réexpédiée. Au bureau de poste de Pontarlier, complément d’affranchissement pour la réexpédition avec un timbre Cérès IIIe République 5c vert jaune sur azuré oblitéré par le Gros Chiffre 2964 de Pontarlier. Timbre PD, Port Payé jusqu’à Destination (30 centimes étant le tarif du 1er Octobre 1865 pour une lettre affranchie jusqu’à 10 g de la France vers la Suisse). Rien n’a été trouvé dans les textes autorisant une telle pratique ; initiative locale sans doute. Il serait intéressant de savoir si de tels cas ont été observés dans des bureaux autres que celui de Pontarlier, éventuellement avec la Belgique ou l’Allemagne …. [...]
Les bourses multi-collections et salons reprenant progressivement, il est possible à nouveau de fouiller les boîtes et classeurs des marchands pour notre plus grand plaisir. Vous allez pouvoir de nouveau et parfois pour quelques euros seulement, dénicher la ‘’perle rare’’. Celle-ci peut se trouver sur du courrier très moderne. Pour preuve, cette lettre envoyée avec un timbre-poste Marianne l’Engagée Lettre Verte dont il ne subsiste qu’un fragment de la partie supérieure. Pour ne pas taxer le pli et ainsi pénaliser ce client en compte avec La Poste, le ‘’Service Conseil Contrôle Courrier’’ (service de la Poste responsable des relations avec ses clients professionnels) a apposé la griffe << NE PAS TAXER AFFRANCHISSEMENT DEMANDE A L’EXPEDITEUR >>  Ce courrier adressé à une société de Vente Par Correspondance (VPC) – et qui n’est pas de complaisance – est une belle rareté moderne ! [...]
Le parcours de cette pièce du mois – dont le cheminement n’est pas facile à identifier – est à la croisée des sujets marcophiles. Il s’agit d’un « Imprimé » déposé au bureau de la « Doutre » à Angers le 19 décembre 18981 et adressé à Saint-Quentin en Mauge, commune dépendant de Sainte-Christine dans le Maine et Loire. Il est affranchi à 5 centimes, au tarif du 1er mai 1878, premier échelon de poids jusque 50g. Le pli a été transmis à la recette principale d’Angers (le 20 décembre2) qui faisait dépêche pour les autres bureaux du département. Cette dernière a transmis notre pli à Jallais (arrivée le 20 décembre3) qui l’a retourné le lendemain à Angers (soit qu’il s’agisse d’une erreur, Saint-Quentin dépendant du bureau de Sainte-Christine, soit que de Jallais pour aller à Sainte-Christine (moins de 10 kms), il était plus rapide de repasser par Angers ?). La Recette Principale a transmis le 21 décembre4 le pli vers Sainte-Christine (arrivée le jour même5) et mis en distribution. Le destinataire étant parti, le pli a été redirigé vers Melay (commune dépendant du bureau de Chemillé, arrivée le 22 décembre6). De nouveau, l’imprimé semble avoir repris la route de Saint-Quentin7 : par la voie postale, ou par l’intermédiaire d’un particulier s’y rendant, notre destinataire, semble-t-il étant toujours absent ? Ce qui est certain c’est que le pli a ensuite été jeté dans une boite rurale (lettre-timbre B) à Saint-Quentin revenant ainsi dans le circuit postal8. La question de la possibilité de jeter un objet bénéficiant du tarif des « imprimés » est prévue par l’Instruction Générale de 1868. Ainsi, l’article 184, combiné avec le 359 nous indique que les journaux et imprimés ne peuvent être déposés dans les boites de gare et ou boites rurales que lorsque la commune est dépourvue de bureau de poste. Ceci exclut donc la possibilité que la boite rurale B relève d’une autre commune que Saint-Quentin. Le facteur l’a ensuite ramené au bureau de Sainte-Christine qui a oblitéré le nouveau timbre-poste (23 décembre9) et indiqué l’adresse à l’encre rouge « au petit bois Giraud / Cne de Melay p. Chemillé ». Notre « imprimé » a enfin trouvé son destinataire à Melay après que le facteur rural de Chemillé10 ait distribué le courrier ! Ce cas d’un imprimé réexpédié deux fois avant d’entrer à nouveau dans le service postal avec un nouvel affranchissement est peu courant. [...]
 Le type 18 ayant été mis en service à partir de juillet 1875, je recherchais depuis des années une lettre avec l’association du GC 532 (Bordeaux) avec le timbre à date T18 de cette direction, association possible bien que tous les collègues marcophiles collectionneurs de la Gironde contactés m’aient tous dit que cette association n’avait pas été rencontrée. Or, il y a quelques semaines, j’ai trouvé sur internet la lettre décrite ci-après, de qualité très moyenne et pas très bien frappée, mais qui a immédiatement retenue mon attention. Il s’agit d’une lettre recommandée de Bordeaux adressée en poste restante à Fleurance (Gers) affranchie à 90 c. (Empire lauré dent). (Tarif du 1/9/1871 pour lettre de 10 à 20g et 50c de recommandation au tarif de février 1873) Les timbres sont annulés par le losange GC « 532 » de Bordeaux et le timbre à date type 18 « Bordeaux Gironde » du 13/12/1875 indique l’origine du pli. Il s’agit, à ma connaissance, de la première date vue pour le timbre à date et première pièce vue pour l’association « GC+T18 » du bureau de direction de Bordeaux. Nota : il est curieux de constater que pour une ville aussi importante que Bordeaux (220.000 habitants en 1876) et qui ne compte alors que quatre bureaux de poste, on ne connaisse que 3 pièces provenant du bureau de poste principal avant mai 1876 : la présente lettre du 13/12/1875 avec l’association « GC+T18 » et deux autres des 17 et 27 avril 1876 avec le T18 seul. A partir de mai, l’usage du type 18 semble devenir plus fréquent bien que le type 17 soit resté en usage au moins jusqu’au 26/8/1876. Le type 18 restera en usage au moins jusqu’au 7/12/1885 (dernière date vue). Je remercie par avance toute personne possédant une lettre de Bordeaux avec cette association de bien vouloir m’en faire parvenir un scan à mon adresse mail. [...]
Il semblerait normal que les taxes appliquées aux plis insuffisamment affranchis soient calculées de façon correcte par les postiers. Et pourtant … voici deux exemples avec des erreurs en faveur ou en défaveur de l’administration des Postes. Carte 1 C’est une carte postale illustrée avec plus de 5 mots, partie de Paris le 27 octobre 1930 pour Déville-lès-Rouen.Elle est affranchie à 15 centimes.Or dans le tarif du 21 avril 1930, cet affranchissement correspond à une carte illustrée avec 5 mots au plus. Une carte avec plus de 5 mots doit être affranchie à 40 centimes. Le postier parisien a donc appliqué un “T” à l’encre violette pour indiquer qu’il faut taxer. Mais à l’arrivée, alors que la carte aurait dû être taxée 50 centimes (double de l’insuffisance puisqu’il manque 25 centimes), elle reçoit seulement un timbre-taxe de 30 centimes ! La poste a donc perdu 20 centimes. Il est probable que le postier de Rouen a appliqué par erreur le minimum de perception de 30 centimes prévu au tarif du 1er mai 1926 et resté inchangé jusqu’en 1942. Carte 2 Cette carte illustrée de plus de 5 mots est postée au Coteau le 28 juin 1935 pour Yssingeaux. Elle est affranchie à 20 centimes alors que dans le tarif du 21 avril 1930, elle aurait dû l’être à 40 centimes.Elle est donc taxée à l’arrivée. Mais au lieu des 40 centimes correspondant au double de l’insuffisance, on appose deux timbres-taxe de 30 centimes. La poste a donc gagné ici 20 centimes !Le postier a sans doute confondu le tarif des cartes postales avec le tarif des lettres. En effet dans le tarif du 21 avril 1930, une lettre devait être affranchie à 50 centimes ; si elle est affranchie à 20 centimes, elle doit donc être taxée à 60 centimes. [...]